La retraite marque souvent la fin d’une carrière professionnelle, mais elle peut également être le début d’une nouvelle aventure en tant qu’auto-entrepreneur. Ce statut offre aux retraités la possibilité de rester actifs, de compléter leur pension, et de poursuivre une passion ou un projet longtemps envisagé.

1. Pourquoi devenir auto-entrepreneur à la retraite ?
Plusieurs raisons poussent les retraités entrepreneurs à se lancer :
- Compléter leur pension : avec un revenu moyen parfois insuffisant, l’auto-entrepreneuriat permet d’augmenter son pouvoir d’achat une fois à la retraite.
- Rester actif : conserver une activité professionnelle favorise le lien social, évite l’isolement, le sentiment d’ennui et stimule intellectuellement et/ou physiquement.
- Partager son expérience : transmettre ses connaissances en partageant du temps avec d’autres personnes par le biais de prestations de conseil ou de formation.
2. Le cumul retraite et auto-entreprise : règles à connaître
Le cumul des revenus d’auto-entrepreneur et de la pension de retraite est possible, mais soumis à certaines conditions comme :
- Avoir liquidé l’ensemble de vos droits acquis pour la retraite.
- Avoir atteint l’âge légal en France de départ à la retraite.
- Avoir cessé toute activité professionnelle auprès de votre ancien employeur après la rupture de votre contrat de travail.
En fonction de votre situation, vous pouvez donc opter pour l’une des deux options suivantes :
- Cumul emploi-retraite libéralisé : vous pouvez cumuler intégralement vos revenus d’activité entrepreneuriale, sans limite de plafond, avec votre pension. Il suffit d’avoir atteint l’âge légal de départ à la retraite, soit en ayant accompli une carrière complète, soit en ayant atteint l’âge du taux plein. Vous devez également avoir liquidé toutes vos pensions de base et complémentaires auprès des régimes de retraite obligatoires, français comme étrangers, ainsi que celles des organisations internationales. Grâce à votre activité d’auto-entrepreneur, vous pourrez ainsi cotiser à une deuxième retraite.
- Cumul emploi-retraite plafonné : dans l’éventualité où vous ne pouvez pas opter pour le cumul emploi-retraite libéralisé, vous avez toujours la possibilité de combiner votre revenu d’entrepreneur avec votre pension. Dans ce cas, et selon votre situation, le montant annuel de vos revenus professionnels et de votre pension de retraite ne doit pas dépasser un certain plafond. Exemple : si vous êtes situé dans une zone de revitalisation rurale (ZRR) ou une zone urbaine prioritaire (ZUP), ou si vous êtes affilié au régime de la Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales (Cnavpl), le montant à ne pas dépasser annuellement est de 47 100 €. Et si vous êtes affilié au régime de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav), le plafond est de 23 550 € par an. Si le seuil est dépassé, la pension de retraite n’est plus versée.
3. Les cotisations sociales pour les retraités auto-entrepreneurs
Même à la retraite, les auto-entrepreneurs doivent s’acquitter de cotisations sociales sur leur chiffre d’affaires, dont le pourcentage dépend des activités exercées. Cependant, ces cotisations ne génèrent pas de droits supplémentaires pour votre pension de retraite. Ces cotisations sociales seront ainsi versées de manière solidaire.
4. Les secteurs prisés par les retraités auto-entrepreneurs
De nombreux seniors se lancent dans des activités compatibles avec leur expérience ou leurs passions :
- Consulting et formation : partager ses connaissances avec des entreprises ou des particuliers, un excellent moyen de faire perdurer des compétences en les transmettant aux nouvelles générations.
- Artisanat et création : fabrication, réparation et restauration d’objets artisanaux, vente sur les marchés de produits faits à la main.
- Services à la personne : soutien scolaire, aide administrative, entretien de locaux, préparation de plats cuisinés, etc.
5. Les avantages fiscaux pour les retraités auto-entrepreneurs
Même en étant à la retraite, le statut d’auto-entrepreneur permet de bénéficier :
- D’une fiscalité simplifiée avec le prélèvement libératoire (sous conditions).
- De la franchise en base de TVA, selon le chiffre d’affaires généré chaque année.
6. Les limites à prendre en compte
- Évitez de surcharger votre emploi du temps : l’auto-entrepreneuriat à la retraite doit rester un plaisir, non une contrainte.
- Planifiez vos finances : prenez en compte les cotisations sociales et fiscales dans le calcul de vos tarifs.
En conclusion, le micro-entrepreneuriat à la retraite est une belle opportunité pour combiner passion, utilité sociale et revenu complémentaire. En plus, cela facilite les rencontres en fonction des activités, ce qui peut être intéressant pour les personnes qui ne souhaitent pas être seules. Puis, avec une bonne organisation, cette nouvelle étape professionnelle peut être plus épanouissante que la précédente.








